Les véhicules diesel sur le chemin du déclin ?

Pour la première fois depuis près de 20 ans, une baisse des immatriculations des véhicules diesel a été constatée en 2013, atteignant ainsi le niveau le plus bas depuis près de dix ans. La même tendance se poursuit en ce début 2014. Même s’il reste largement majoritaire et toujours favorisé, notamment dans les parc de véhicules d’entreprise en location longue durée (LLD), la prise de conscience sur les méfaits du diesel est donc bien présente, et nous assistons à une véritable évolution.

La baisse du Diesel en 2013

Depuis peu, l’objectif des différents acteurs est de réduire la part du diesel, au profit, bien sûr de l’essence, mais également et surtout des véhicules électriques et hybrides. Cependant, comme nous l’évoquions récemment, les mesures prises depuis environ 30 ans ont favorisé massivement le développement du diesel, ce qui explique sa forte présence dans le parc automobile en France. Alors qu’elle représentait environ 50% des immatriculations en 2000, la part du diesel n’a cessé d’augmenter pour dépasser la barre des 70% en 2006, et atteindre son point le plus haut avec 77% en 2008. Entre 2008 et 2012, le diesel a légèrement diminué, tout en se maintenant autour de 74%. Sa première chute importante a donc eu lieu en 2013 puisque les véhicules diesel ont représenté 67% des immatriculations. Ces données chiffrées sont bien différentes de nos voisins européens pour qui, la part du diesel, est beaucoup plus minoritaire.

voiture diesel

Pour rappel, le constat est le suivant en France, car tout a été fait pour rendre le diesel plus économique que l’essence. Tout d’abord, le prix du gazole à la pompe est plus bas que l’essence, et, à puissance et motorisations égales, les véhicules diesel ont une consommation moins importante. De plus, les moteurs Diesel émettent moins de CO2 que les moteurs essence, ce qui en fait un gros paradoxe : Bien que considérés comme plus nocifs et plus polluants, les véhicules diesel sont davantage favorisés dans le système bonus-malus écologique que les véhicules essence. Nous pouvons également ajouter le fait que pour les flottes de véhicules des entreprises, la fiscalité est favorable au diesel. En effet, la TVS (Taxe sur les véhicules de société) est calculée par rapport au taux d’émission de CO2 des véhicules, elle est donc moins importante pour les véhicules diesel que pour les véhicules essence.

Comment expliquer la baisse du Diesel en 2013 ?

Deux facteurs principaux expliquent la baisse du diesel en 2013.

D’une part, il faut relever les évolutions dans les moteurs essence, que l’on nomme aussi « downsizing ». Cette solution consiste à réduire la cylindrée du moteur, pour diminuer la consommation, sans toucher à la puissance, à l’aide d’un système de suralimentation (Turbo ou compression d’air). Grâce à cette solution, les nouveaux véhicules essence consomment désormais moins, et peuvent émettre jusqu’à 40% de CO2 en moins. Cela permet de réconcilier les français avec les véhicules essence, notamment, pour le moment, principalement sur les véhicules urbains (Renault Twingo, Nissan Micra, Peugeot 107, etc.).

Eco-conduite responsable et économique

D’autre part, les risques sanitaires imputés au Diesel au cours de l’année 2013 sont également passés par là. Souvenons-nous de cette étude, qui attribuait des conséquences négatives aux moteurs diesel : La libération de quelques fines particules aurait entrainé la mort prématurée de 42.000 personnes en France occasionnant par ricochet une lourde charge de 30 milliards d’euros à la sécurité sociale. Les différentes études sur les méfaits du diesel ont provoqué une prise de conscience importante, pouvant orienter des choix différents dans la motorisation.

Ces éléments expliquent en partie la diminution du diesel depuis 2013, mais n’oublions pas en même temps le développement du marché de l’électrique et de l’hybride depuis quelques années.

L’alternative électrique ou hybride pour remplacer le Diesel

La baisse des ventes du Diesel s’explique également par le développement des véhicules électriques et hybrides occupant respectivement une part de marché de 0.5% et 2.6% en 2013, avec 14000 immatriculations. L’alliance Renault-Nissan se place en tête de la course dans la catégorie des véhicules électriques grâce à la Renault Zoé et la Nissan Leaf. Le constructeur au losange occupe 60% du segment avec Renault Zoé , loin devant la Nissan Leaf (10%).

Recharge Zoe

Rien d’étonnant en ce qui concerne la place prédominante du groupe Toyota dans la catégorie hybride, qui représente 65% du marché. 50% des Toyota Yaris immatriculées en 2013 sont hybrides, permettant ainsi à la citadine de s’approprier une part de marché de 28% devant la Toyota Auris Hybride qui occupe 21% du marché.

Considéré comme plus polluant et plus nocif, le diesel perd de la vitesse depuis début 2013. Le Comité des Constructeurs français d’Automobiles (CCFA) prévoit une diminution du Diesel jusqu’à hauteur de 30% d’ici 2020. Le chemin est encore long, et d’autres mesures doivent accompagner le développement notamment de l’électrique et de l’hybride pour accompagner cette (r)évolution.