L’art de la conduite économique

La conduite économique, on le sait, permet de réduire les frais de carburant, ce qui peut représenter jusqu’à 20 % d’économie. Ce dont on pense moins, c’est que, pour une société, conduire économique diminue le stress des conducteurs et donne une bonne image de l’entreprise. Ce résultat s’obtient en adoptant une certaine philosophie de conduite, et en gommant les idées reçues sur la consommation d’un véhicule. Petit tour des habitudes à changer pour dépenser moins en roulant mieux.

 

 

Ne pas faire monter le véhicule en régime

Entre 2000 tr/m et 2500 tr/m

L’un des grands principes de la conduite économique est de changer de régime entre 2000 tr/m et 2500 tr/m. Certains conducteurs expérimentés passent les vitesses « à l’oreille », d’autres au départ auront besoin de jeter un rapide coup d’œil sur le compte tour. Si l’on cherche à lancer le véhicule avant de passer une vitesse, le moteur a besoin de faire appel à plus de carburant. Le principe du passage de vitesse est de pouvoir maintenir un certain rythme en faisant tourner le moteur le moins possible.

Fini la pédale au plancher

Plus le moteur tourne, plus il consomme. On peut très bien passer de 0 à 100 km/h par tranche de 2000 tr/m, sans écraser l’accélérateur. Une idée reçue est que changer les vitesses à bas régime fait peiner le moteur. C’est exact sur un vieil engin de 20 ans et 200 000 km, c’est faux concernant les moteurs qui équipent les véhicules modernes.

Conduire économique, c’est prendre le temps de lancer le moteur, même si l’on se fait distancer par celui que l’on suit.

Un déplacement ou une livraison n’est pas une course avec les autres véhicules

Ne pas coller la voiture de devant

Sur un circuit de formule 1, il faut garder ses yeux rivés sur le derrière du bolide précédent. Pourquoi : parce que la victoire se jouera à quelques centièmes de seconde. Sur la route il n’est pas nécessaire de faire du pare-chocs contre pare-chocs, conserver la distance de sécurité est parfaitement suffisant. Pourquoi : parce que la livraison ou le rendez-vous est à 10 heures, et que si l’on arrive à 9h52 ou 10h05, on ne sera pas disqualifié.

Et en plus, cela permet d’économiser du carburant en ménageant le moteur.

Conduire économique, c’est conduire zen

Il n’est pas vital de conserver à tout prix la distance de quelques mètres qui vous sépare du pare-chocs de devant. Laissez-le partir, de toute façon vous le rattraperez au prochain ralentissement ou au prochain feu rouge. L’avantage est que précisément lorsqu’il va ralentir ou freiner, vous n’aurez pas besoin de faire de même. Vous êtes plus zen, et vous usez moins rapidement vos plaquettes de frein !

L’usage du frein moteur n’est pas économique

Le frein moteur est très efficace, car en passant de la quatrième à la seconde en un tour de main, le véhicule perd rapidement de la vitesse dans un rugissement de moteur. Ce rugissement n’est pas gratuit, il signifie quelques litres de consommation supplémentaire. Conduire économique, c’est conduire doucement, de manière à n’avoir besoin que de lever le pied de l’accélérateur pour faire ralentir le véhicule utilitaire ou la voiture de société. Le moteur fera le reste, sans souffrir.

Ne pas accélérer brusquement a pour conséquence de ne pas avoir besoin de freiner brusquement. Or, aussi étrange que cela puisse paraître, le moins l’on touche à la boîte de vitesses et le moins l’on consomme.

Limiter l’utilisation de l’air conditionné

Gérer l’utilisation de l’air conditionné

La climatisation d’un véhicule représente un coût moyen de quatre euros par 100 km parcourus. Les internautes les plus avisés répondront que « le ventilateur de la voiture coûte cher lui aussi ». Effectivement, tous ces appareils fonctionnent directement sur le moteur. Pour les faire tourner, il faut que le moteur tourne. Et pour que le moteur tourne, il faut qu’il consomme du carburant.

Utiliser l’air conditionné en ville uniquement

Bien entendu en ville en plein mois d’août, rien ne vaut le confort de l’air conditionné. Cependant, une fois passé sur l’autoroute ou sur une voie rapide, n’hésitez pas à l’éteindre pour ouvrir grand les fenêtres. Cela suffira pour abaisser la température au sein de l’habitacle, et en plus vous respirerez un air frais.

« Oui », vous répondront les puristes, « mais l’air pénétrant dans l’habitacle va freiner le véhicule et ça fait consommer plus ». « Non », « répondront les adeptes de la conduite économique, si vous conduisez lentement et sans accélération, l’impact de la poussée de l’air dans l’habitacle sera quasiment nul ».

Apprendre à conduire économique en ville

Le problème de la conduite en ville et que l’on passe son temps à accélérer et à décélérer. On n’y peut rien changer, il faut bien démarrer au feu vert et ralentir au feu rouge. C’est pour cette raison qu’il n’est pas nécessaire de monter en cinquième en ville à moins que l’on atteigne les 70 km/h, ce qui n’est pas très courant. La conduite économique en ville implique souvent de ne pas dépasser la quatrième.

Dernières recommandations

L’entretien du véhicule est également important pour maintenir une conduite économique. Des pneumatiques insuffisamment gonflés engendrent une hausse de la consommation de carburant. Pensez donc à contrôler chaque mois la pression de vos pneus. De même, l’état des filtres a un impact sur la consommation. Changer lorsque c’est préconisé les filtres à air, filtres à huile, filtres à gazole, permet de mieux faire respirer le véhicule !