Emission de CO2 des véhicules utilitaires : Le travail a commencé

L’ajustement du taux d’émission de CO2 des véhicules est un sujet très sensible dans une période où la protection de l’environnement est devenue une nécessité. Un gros travail est entamé sur les véhicules de tourisme, et des mesures commencent à exister pour les véhicules utilitaires. Sur cette dernière catégorie, l’émission de CO2 des VUL (véhicules utilitaires légers) était de 180,2 grammes par kilomètre en Europe en 2012.

Un projet de loi pour diminuer l’émission de CO2 des véhicules utilitaires.

Bien plus élevé que celui des véhicules de tourisme, l’émission de CO2 des véhicules utilitaires abrite de grandes disparités entre les pays européens: Il a été enregistré en 2012 des taux d’émission de CO2 de l’ordre de 147,5 g/km à Malte, 151,5 g/km à Chypre, 154,2 g/km au Portugal et 170,1 g/km en France. En revanche, à la même période, les pays comme la Slovaquie, la République Tchèque puis l’Allemagne étaient recensés au niveau des émissions en CO2 les plus élevées. Le Parlement Européen ainsi que l’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles (ACEA) œuvrent dans ce sens pour proposer des solutions adaptées aux exigences.

Ainsi, il est presque devenu une urgence de se fixer certains objectifs afin de sauver notre environnement. La commission environnement du Parlement Européen a jugé bon de se réunir pour l’élaboration du projet de loi Holger krahmer (ALDE, DE) le 7 Avril 2013. Ce projet de loi a pour objectif d’abaisser le seuil d’émission de CO2 des véhicules utilitaires à 147 grammes par kilomètre à l’horizon 2020. À l’issu du vote, les résultats sont les suivants : 53 voix pour, 4 voix contre et 1 abstention.

Des projections sur la période d’après 2020 ont également été faites par le Parlement Européen. Ce dernier préconise principalement aux constructeurs de produire des véhicules utilitaires pouvant émettre entre 105 et 120 grammes de CO2 par kilomètre en 2025. Le pari semble difficile à remporter. D’énormes efforts restent à réaliser par les constructeurs afin d’échapper aux éventuelles sanctions.

Un système de « supers crédits » pour encourager les constructeurs automobiles.

Dans un esprit d’accompagnement des constructeurs, la commission environnement du Parlement Européen a mis en place un système de bonification ou « supers crédits ».

En quoi consiste ce système de bonification ? Motiver le constructeur par le biais d’un coefficient qui entre dans le calcul du CO2 moyen émis par les voitures vendues par ce dernier. Ainsi, les utilitaires émettant moins de 50 grammes de CO2 par kilomètre bénéficieront d’un système de pondération très intéressant. Chaque véhicule aura grâce à ce système le poids de 3,5 véhicules dans la balance du constructeur. Une variation de ce coefficient est prévue au fil des ans : 3,5 entre 2014 et 2015, 2,5 en 2016, 1,5 en 2017 puis 1,3 entre 2018 et 2023.

Il faut toutefois noter que les députés ont posé une limite à ce système, car il n’est pris en compte qu’une proportion de 1% de tous les véhicules produits par le constructeur.

Des désaccords avec l’ACEA sur l’objectif chiffré, mais l’ambition est la même.

L’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles (ACEA) considère cette norme d’émission du CO2 à 147 grammes par kilomètre à l’horizon 2020 très ambitieuse. Il ne s’agit pas simplement de se fixer des objectifs, mais il faut également analyser les différents facteurs qui entrent en jeu pour atteindre ces objectifs. Pour y parvenir, des investissements supplémentaires doivent être effectués. Produire des véhicules utilitaires hybrides permettrait certes d’atteindre cet objectif, mais à quel coût ? Une baisse de 39% du taux d’émission en CO2 des VUL a déjà été enregistrée entre 2007 et 2012. L’ACEA insiste également sur ce fait qui selon elle est une condition capitale : l’importance de la compétitivité au niveau de l’industrie automobile.

Un suivi méthodique a été orchestré en vue d’atteindre le résultat escompté. Ainsi, en 2014, l’objectif serait appliqué à 70% des VUL puis la totalité des nouveaux utilitaires déployée passera au peigne fin à partir de 2017.

Même s’il existe des désaccords sur la méthode et les objectifs, nous pouvons saluer les premiers efforts faits sur l’émission de CO2 des véhicules utilitaires, dont nous parlions trop peu auparavant. Nul doute que ces mesures engagées vont dans le bon sens. Nous pensons néanmoins qu’il faut encore aller plus loin, notamment en étoffant la gamme des véhicules utilitaires électriques des constructeurs.